Il arrive parfois de continuer à avancer, de remplir ses journées, d’assumer ses responsabilités, tout en ayant la sensation étrange de ne plus savoir ce qui nous appartient réellement.
Ce qui nous fait du bien. Ce que nous désirons. Ce que nous ressentons.
Qui nous sommes, derrière tout ce qui a été attendu de nous.
Vous avez tenu.
Vous vous êtes adapté(e), vous avez pris soin, répondu aux attentes, traversé les épreuves, parfois sans même avoir le temps de vous demander ce que cela vous faisait réellement.
Et puis, un jour, quelque chose devient plus difficile à ignorer.
Vous n’allez pas forcément mal.
Mais vous ne vous reconnaissez plus complètement.
Ce qui autrefois vous faisait vibrer vous laisse indifférent. Vous ne savez plus ce qui vient de vous et ce qui a été construit pour tenir, pour faire face ou pour répondre aux autres.
Comme si une partie de vous s’était progressivement éloignée.
Il n’y a pas nécessairement de crise visible.
Parfois, cela ressemble simplement à une fatigue profonde. À une impression d’être présent(e) sans vraiment habiter sa propre vie.
Certaines personnes parlent d’un vide difficile à expliquer.
D’autres décrivent la sensation d’être devenues étrangères à elles-mêmes.
Elles savent fonctionner. Sourire. Faire ce qu’il faut.
Mais elles ne savent plus vraiment ce qu’elles aiment, ce qu’elles désirent, ce qu’elles ressentent profondément.
Elles ont appris à s’adapter si longtemps qu’elles ont parfois perdu le contact avec leur monde intérieur.
Il arrive que l’on se construise autour des attentes, des blessures ou des responsabilités.
Sans s’en rendre compte, on devient celui ou celle qui rassure.
Celui ou celle qui comprend.
Qui prend sur soi.
Qui tient.
Qui s’adapte.
Et cette capacité, souvent admirable, peut aussi avoir un prix.
À force de répondre aux besoins extérieurs, certaines parts plus personnelles, plus sensibles ou plus spontanées se taisent progressivement.
Ce n’est pas qu’elles ont disparu.
Elles ont simplement cessé d’avoir une place.
Ce sentiment ne signifie pas que vous êtes perdu(e).
Il ne signifie pas non plus que quelque chose est cassé en vous.
Bien souvent, il raconte autre chose.
Des années à devoir être fort(e).
Une enfance où il fallait s’adapter.
Des émotions mises de côté pour continuer.
Des blessures anciennes.
Des rôles devenus tellement familiers qu’ils ont fini par prendre toute la place.
Avec le temps, on peut finir par ne plus savoir ce qui relève de la protection et ce qui relève de soi.
Comprendre cela ne consiste pas à se réinventer.
Il s’agit plutôt de retrouver ce qui n’a jamais complètement disparu.
Il ne s’agit pas de devenir une meilleure version de soi.
Ni de chercher une personnalité idéale.
Encore moins de se transformer à tout prix.
Retrouver son élan intérieur demande parfois quelque chose de plus subtil.
Un espace où il devient possible de ralentir.
D’écouter ce qui a été mis de côté.
De redonner une forme à ce qui n’avait jamais trouvé les mots.
D’approcher autrement ce qui semblait confus ou inaccessible.
Car certaines choses ne se résolvent pas uniquement en les comprenant.
Elles ont besoin d’être rencontrées autrement.
Personne ne peut répondre à cette place.
Il ne s’agit pas d’appliquer une méthode ou de vous proposer une version toute faite de vous-même.
Mon travail consiste à offrir un espace rare, où ce qui a été longtemps contenu, oublié ou mis à distance peut progressivement retrouver une existence.
À votre rythme.
Sans avoir à être performant(e).
Sans devoir tout expliquer immédiatement.
Sans chercher à entrer dans une case.
Parce qu’au fond, il ne s’agit pas de fabriquer quelqu’un de nouveau.
Mais de permettre à ce qui est profondément vivant en vous de retrouver sa place.
Parfois, ce sentiment de ne plus savoir qui l’on est s’accompagne d’autres vécus plus difficiles à nommer.
Vous pouvez avoir l’impression de tout garder à l’intérieur.
De tourner en boucle.
De vous être coupé(e) de ce que vous ressentez.
Ou d’avoir déjà essayé de comprendre sans que rien ne change vraiment.
Chaque expérience possède sa propre histoire.
On imagine parfois qu’il faut aller très mal pour demander de l’aide.
Pourtant, certaines souffrances sont silencieuses.
Elles n’empêchent pas de vivre.
Mais elles empêchent parfois de se sentir véritablement présent à sa propre existence.
Et lorsqu’une personne se surprend à penser :
« Je ne sais plus qui je suis vraiment »,
ce n’est pas forcément le signe qu’elle s’est perdue.
C’est parfois le moment où quelque chose, plus profond, cherche enfin à être entendu.
Il y a quelque chose de très particulier dans ces rencontres où une personne me dit qu’elle ne sait plus vraiment qui elle est.
Lorsqu’elles me parlent de confusion, de vide ou d’une impression de ne plus savoir qui elles sont, je ne ressens jamais quelque chose de vide. Je suis souvent sensible à la richesse, à la finesse et à la profondeur qui continuent d’habiter ces instants.
Parce qu’au-delà des mots, je comprends ce qu’il faut de courage pour reconnaître que l’on s’est peut-être éloigné de soi, sans même savoir quand ni comment cela s’est produit.
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