Je garde pour plus tard… mais ça ne sort jamais

Vous vous dites souvent que ce n’est pas le moment. Que vous vous en occuperez plus tard. Que les choses finiront bien par se calmer d’elles-mêmes. Alors vous continuez, vous avancez, vous gérez.

Mais ce qui a été remis à plus tard finit parfois par rester à l’intérieur, sans jamais vraiment trouver sa place.

Vous repoussez sans cesse ce qui vous habite

Il y a des choses que vous savez importantes. Vous sentez qu’elles mériteraient d’être regardées, comprises, déposées quelque part.

Mais chaque fois, quelque chose semble plus urgent.

Le travail.

Les enfants.

Le quotidien.

Les autres.

Alors vous vous dites :

« J’y penserai plus tard. »

« Quand ça ira mieux. »

« Quand j’aurai plus de temps. »

« Quand je serai moins fatigué(e). »

Et les semaines deviennent des mois. Les mois deviennent des années.

Pendant ce temps, ce qui demande à être entendu ne disparaît pas. Cela attend simplement.

Souvent silencieusement.

Parfois à travers l’épuisement, les tensions, une irritabilité inhabituelle, ou cette sensation étrange d’être toujours en train de tenir, sans jamais vraiment souffler.

Vous avez appris à continuer, pas forcément à ressentir

Certaines personnes ont grandi avec l’idée qu’il fallait être raisonnable, fort, discret, adaptable.

Exprimer ce qui faisait mal n’était pas toujours possible, pas toujours accueilli, parfois même inutile.

Alors vous avez développé autre chose.

Vous avez appris à avancer.

À fonctionner.

À gérer.

À attendre le bon moment.

Et cette capacité est précieuse.

Elle vous a permis de traverser beaucoup de choses.

Mais il arrive qu’à force de toujours remettre à plus tard ce qui vous traverse, une partie de vous finisse par ne plus savoir comment revenir.

Non parce qu’elle est perdue.

Mais parce qu’elle a été mise en attente pendant très longtemps.

Ce qui ne peut pas être exprimé ne disparaît pas

Ce qui n’a pas trouvé à se dire ne s’efface pas pour autant. Cela se déplace, se love ailleurs — dans le corps, dans la fatigue, dans un silence qui pèse plus qu’il ne repose. Repousser à plus tard ne fait rien disparaître : cela s’accumule, quelque part, en un lieu que l’on ne regarde plus.

Ce n'est pas parce que vous avez tenu longtemps que vous devez continuer seul(e)

Tenir a pu devenir une habitude, presque une façon d’être. On s’y installe sans même s’en rendre compte, jusqu’à ce que cela semble naturel. Et pourtant, à un moment, il est possible de déposer ce qui a été porté seul(e) — non pas parce qu’on n’y arrivait plus, mais parce que ce n’est plus nécessaire de continuer ainsi.

Un espace où rien n'a besoin d'être urgent

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Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans ces mots

Il y a des phrases que l’on prononce presque sans y penser. Elles semblent raisonnables, rassurantes, parfois même nécessaires. Pourtant, lorsqu’elles reviennent depuis des mois ou des années, elles disent souvent quelque chose de plus profond.

Peut-être vous arrive-t-il de vous dire :

  • « Je verrai ça plus tard. »
  • « Ce n’est pas le bon moment. »
  • « J’ai d’autres priorités. »
  • « Quand les choses seront plus calmes, je prendrai enfin le temps. »
  • « Je peux encore attendre un peu. »
  • « Je finirai bien par passer à autre chose. »
  • « Je n’ai pas envie de remuer tout ça maintenant. »
  • « Je préfère continuer à avancer. »

 

Ces phrases ne sont pas le signe d’un manque de volonté. Elles racontent souvent une manière de se protéger, de continuer à vivre lorsque l’on ne se sent pas encore prêt à ouvrir ce qui attend depuis longtemps.

Mais il arrive aussi qu’un jour, continuer à attendre devienne plus difficile que de commencer à regarder les choses autrement.

Si cette page vous a donné le sentiment d’être compris(e), c’est peut-être qu’une partie de vous sait déjà qu’il n’est plus seulement question de remettre à plus tard. Peut-être est-il simplement temps d’offrir à ce qui est resté en attente un espace où cela puisse enfin exister.

Il existe d'autres façons de se reconnaître

Peut-être que cette page a mis des mots sur une partie de ce que vous vivez.

Mais elle n’est pas la seule.

Certaines personnes gardent tout à l’intérieur.

D’autres tournent en boucle.

Certaines ne savent plus ce qu’elles ressentent.

D’autres contrôlent tout.

Il arrive aussi que plusieurs de ces expériences coexistent.

Il n’est pas nécessaire d’entrer parfaitement dans une seule case pour se sentir concerné.

L’important est de reconnaître ce qui, aujourd’hui, vous empêche d’avancer plus librement.

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Une même réalité me frappe souvent. Beaucoup de personnes ne manquent ni de courage, ni de lucidité. Elles ont appris, très tôt, à remettre leurs propres besoins après tout le reste. Non parce qu’elles ne s’écoutent pas, mais parce qu’elles ont longtemps cru que cela pouvait attendre. Je sais combien ce mouvement peut devenir silencieux, presque invisible. C’est pourquoi je veille à offrir un espace où rien n’a besoin d’être justifié, accéléré ou parfaitement formulé. Un lieu où ce qui a été remis à plus tard peut enfin trouver le temps d’exister.