Dès que ça monte, je coupe

Il y a des émotions que vous sentez arriver… et presque aussitôt, quelque chose se ferme.

Vous changez de sujet, vous rationalisez, vous vous occupez, vous vous anesthésiez dans le travail, dans les écrans, dans les obligations ou simplement dans le fait de « tenir ».

Vous n’avez pas choisi cela. C’est souvent devenu une manière de traverser les choses sans être submergé.

Mais à force de couper ce qui monte, il arrive qu’on ne sache plus vraiment ce qu’on ressent, ni pourquoi certaines tensions, certaines angoisses ou certains débordements reviennent toujours.

Vous sentez que quelque chose monte… puis tout s'éteint

Peut-être connaissez-vous cette sensation.

Une émotion apparaît, un souvenir, une colère, une tristesse, parfois même une joie ou un besoin plus profond.

Et presque immédiatement, quelque chose coupe.

Vous reprenez le contrôle.

Vous passez à autre chose.

Vous vous dites que ce n’est pas si grave.

Vous vous remettez à penser plutôt qu’à ressentir.

De l’extérieur, personne ne remarque forcément ce mouvement. Vous continuez à avancer. Vous faites ce qu’il faut. Vous tenez.

Mais intérieurement, vous avez parfois l’impression de vivre à distance de vous-même.

Comme si certaines parties de vous n’avaient plus vraiment le droit d’exister.

Ce n'est pas un manque de volonté

Beaucoup de personnes pensent qu’elles devraient simplement réussir à « laisser sortir ».

Comme si elles faisaient obstacle à elles-mêmes.

Pourtant, couper ce qui monte n’est généralement pas un choix conscient.

C’est souvent une manière ancienne de se protéger.

Lorsque certaines émotions ont été trop seules, trop envahissantes ou insuffisamment accueillies, il arrive que l’on apprenne à ne plus les laisser prendre de place.

Avec le temps, cette capacité à se protéger peut devenir tellement automatique qu’elle se déclenche avant même que l’émotion puisse être reconnue.

On continue alors à fonctionner, mais avec le sentiment diffus qu’une partie essentielle de soi reste inaccessible.

Alors, pourquoi est-ce que tout revient malgré tout ?

Parce que ce qui n’a pas pu être vécu ne disparaît pas nécessairement.

Cela peut revenir autrement.

Par une fatigue qui ne s’explique pas.

Par une sensation de vide.

Par des angoisses.

Par une irritabilité inhabituelle.

Par des difficultés relationnelles.

Par une impression étrange de ne plus savoir ce que l’on veut, ce que l’on ressent ou même qui l’on est devenu.

Ce n’est pas parce que vous êtes « trop sensible ».

Ce n’est pas parce que vous manquez de force.

C’est parfois parce qu’une partie de votre histoire est encore obligée de rester silencieuse.

Une approche qui ne réduit pas votre histoire à des symptômes

Mon travail ne consiste pas à appliquer des méthodes toutes faites ni à chercher des réponses rapides.

J’accompagne les personnes qui ont souvent appris à tout contenir, à tout comprendre, à tout maîtriser, et qui sentent pourtant qu’une part d’elles-mêmes reste inaccessible.

Lorsque les émotions se coupent avant même d’avoir pu être reconnues, il est parfois nécessaire d’emprunter d’autres voies que l’explication seule.

La parole, les images, les associations, la création et l’espace analytique offrent alors un lieu où ce qui a longtemps été retenu peut progressivement être approché, sans violence et sans obligation.

Parce qu’il ne s’agit pas de forcer.

Il s’agit de retrouver un lien plus vivant avec soi-même.

Il ne s'agit pas de tout faire sortir d'un coup

Retrouver un contact plus vivant avec soi-même ne consiste pas à forcer les émotions ou à se raconter sans fin.

Il ne s’agit pas non plus de perdre le contrôle.

Au contraire.

Il s’agit d’approcher ce qui est là avec suffisamment de sécurité pour que ce qui a longtemps dû être tenu puisse, peu à peu, retrouver sa place.

Parfois, les mots viennent.

Parfois, ils ne viennent pas tout de suite.

Il existe d’autres chemins pour approcher ce qui ne se dit pas encore.

C’est précisément là que mon approche prend tout son sens.

Vous n'avez peut-être pas besoin de tenir davantage

Peut-être êtes-vous simplement arrivé à un moment où continuer à tout couper demande plus d’énergie que de commencer à vous écouter autrement.

Il n’est pas nécessaire d’aller mal pour entreprendre ce chemin.

Il n’est pas nécessaire non plus d’avoir les mots.

Parfois, il suffit de sentir que quelque chose, à l’intérieur, ne veut plus être laissé de côté.

Vous vous reconnaissez dans ces mots ?

Il est possible d’en parler dans un espace où rien n’a besoin d’être prouvé, justifié ou précipité.

Peut-être vous reconnaissez-vous aussi dans d'autres vécus

Couper ce qui monte n’est qu’une des nombreuses façons de rester à distance de soi-même.

Certaines personnes ont plutôt l’impression de tout garder à l’intérieur.

D’autres se sentent à côté d’elles-mêmes, tournent en boucle ou ne savent plus ce qu’elles ressentent.

Chaque histoire est singulière, mais toutes parlent d’une même tentative : continuer à vivre avec ce qui n’a pas encore trouvé sa place.

Je rencontre souvent des personnes qui pensent avoir perdu leurs émotions.

Je crois rarement que ce soit le cas.

Je rencontre surtout des personnes qui ont appris, parfois très tôt, à interrompre ce qui commençait à les traverser.

Des personnes qui ont appris à reprendre le contrôle avant les larmes, avant la colère, avant le besoin, avant la peur.

Et lorsque ce mouvement est devenu une manière de vivre, on finit parfois par croire que l’on ne ressent plus rien.

Je ne crois pas que l’on se coupe de soi par manque de volonté.

Je crois que certaines parties de nous-mêmes ont parfois appris à se protéger en silence.

Et qu’il faut parfois beaucoup de douceur, de temps et de sécurité pour qu’elles n’aient plus besoin de le faire.