Je n'arrive pas à pleurer

Certaines douleurs ne disparaissent pas. Elles se taisent.

Vous aimeriez parfois que les larmes viennent. Vous savez que quelque chose est là, mais rien ne sort. Comme si tout restait bloqué à l’intérieur. Et avec le temps, cette absence de pleurs peut finir par donner l’impression d’être devenu(e) étranger à soi-même.

Je voudrais pleurer… mais rien ne vient

Il arrive que les émotions soient là, sans réussir à trouver leur chemin.

Vous sentez peut-être une boule dans la gorge, une pression dans la poitrine, une fatigue diffuse ou une sensation de trop-plein. Pourtant, les larmes ne viennent pas. Vous vous demandez parfois pourquoi vous restez si calme alors qu’au fond, quelque chose souffre.

Peut-être même vous reprochez-vous cette absence de réaction.

Vous aimeriez réussir à relâcher, à vous sentir plus léger, mais quelque chose semble retenir ce mouvement.

Et plus vous cherchez à pleurer, plus cela paraît impossible.

Ne pas pleurer ne signifie pas ne rien ressentir

On imagine souvent que pleurer serait une preuve que l’on est touché, triste ou vulnérable. Pourtant, certaines personnes ressentent énormément sans pouvoir l’exprimer de cette manière.

Parfois, les émotions ont simplement appris à rester silencieuses.

Elles ont été mises de côté pour continuer à avancer, pour ne pas déranger, pour tenir malgré tout, ou parce qu’il n’y avait pas vraiment d’endroit où déposer ce qui était vécu.

Alors, avec le temps, quelque chose se fige.

Non parce qu’il n’y a rien.

Mais parce que beaucoup est resté contenu.

Il arrive que le corps continue à tenir quand l'intérieur, lui, est épuisé

Certaines personnes ont toujours été fortes.

Celles vers qui l’on se tourne.
Celles qui comprennent les autres.
Celles qui gèrent.

Elles savent analyser, expliquer, mettre des mots sur beaucoup de choses.

Mais lorsqu’il s’agit d’elles-mêmes, quelque chose semble inaccessible.

Comme si l’émotion restait derrière une vitre.

Il est possible de continuer à travailler, à prendre soin de ses proches, à faire ce qu’il faut… tout en ayant l’impression de ne plus réussir à se laisser traverser par ce que l’on ressent réellement.

Cette difficulté à pleurer n’est pas forcément un manque de sensibilité.

Elle peut parfois être le signe d’une adaptation ancienne, devenue tellement familière qu’elle passe presque inaperçue.

Vous avez peut-être déjà essayé de comprendre

Lire. Réfléchir. Analyser.

Vous avez peut-être beaucoup compris de votre histoire.

Vous savez parfois très bien expliquer ce que vous avez vécu.

Et pourtant, malgré cette compréhension, quelque chose reste inchangé.

Parce qu’il existe une différence entre savoir et rencontrer réellement ce qui est resté en attente à l’intérieur.

Certaines souffrances ne se résolvent pas uniquement par l’analyse intellectuelle.

Elles demandent un espace où ce qui n’a jamais pu être accueilli puisse enfin exister autrement.

Retrouver le chemin de ses émotions ne consiste pas à se forcer à pleurer

Il ne s’agit pas d’obtenir des larmes à tout prix.

Il ne s’agit pas non plus de « faire sortir » quelque chose de manière brutale.

Parfois, les émotions reviennent doucement.

À leur rythme.

À travers des images, des sensations, des souvenirs, des silences, des mots qui apparaissent peu à peu.

Lorsque ce qui a longtemps été retenu trouve enfin un espace suffisamment sécurisant, il n’est plus nécessaire de lutter contre soi-même.

Il devient possible de se rapprocher de ce que l’on ressent, sans violence, sans obligation, et sans avoir à jouer un rôle.

Peut-être que vous ne cherchez pas seulement à pleurer
Peut-être cherchez-vous surtout à vous sentir vivant(e) à nouveau.

Derrière cette impression de ne plus réussir à pleurer, il y a parfois autre chose.

Le besoin de se retrouver.

De ne plus tout porter seul(e).

De comprendre pourquoi certaines choses restent figées depuis si longtemps.

Et peut-être, enfin, de ne plus avoir à continuer à faire semblant que tout va bien.

Vous vous reconnaissez, mais pas complètement ?

D’autres vécus peuvent se cacher derrière cette sensation.

Certaines personnes qui n’arrivent plus à pleurer ont plutôt l’impression d’avoir tout gardé à l’intérieur depuis des années.

D’autres disent ne plus savoir ce qu’elles ressentent, se sentir à côté d’elles-mêmes ou avoir l’impression que quelque chose est bloqué depuis longtemps.

Il n’est pas toujours facile de mettre des mots précis sur ce qui se passe.

Vous pouvez simplement commencer là où vous vous reconnaissez le plus.

J’accompagne les adultes qui ont beaucoup porté, beaucoup compris, beaucoup contenu, et qui sentent qu’une partie d’eux-mêmes est restée en attente.

Mon travail ne consiste pas à faire entrer chacun dans une méthode ou dans une interprétation toute faite.

Il consiste à offrir un espace où ce qui n’a jamais trouvé sa place puisse progressivement être approché, compris et transformé, dans le respect du rythme et de l’histoire de chacun.