Je contrôle tout

texteVous anticipez, vous organisez, vous gérez. Vous donnez l’impression de tout maîtriser, mais derrière cette solidité, quelque chose reste souvent sous tension. Comme si vous ne pouviez jamais vraiment déposer le poids que vous portez.

Quand tout repose sur vous, il devient difficile de simplement être

Les autres vous voient comme quelqu’un de fiable. Vous êtes celle ou celui qui pense à tout, qui prévoit, qui tient bon, qui ne se laisse pas déborder.

Vous avez appris à gérer. À ne pas perdre pied. À anticiper les problèmes avant même qu’ils n’arrivent.

Cette capacité vous a probablement beaucoup aidé.

Mais il arrive qu’à force de tout surveiller, de tout organiser ou de tout contenir, quelque chose en vous finisse par manquer d’air.

Vous continuez à avancer, parfois même avec efficacité, mais vous sentez qu’il devient difficile de vous reposer réellement. Comme si vous étiez toujours en vigilance, toujours responsable, toujours obligé de tenir.

Et lorsque quelque chose échappe à votre contrôle, l’anxiété, l’irritation ou la culpabilité peuvent apparaître avec une intensité qui vous surprend vous-même.

Ce besoin de maîtrise ne naît jamais par hasard

Contrôler n’est pas une question de caractère.

C’est souvent une manière de se protéger.

Certaines personnes ont appris très tôt qu’il fallait être raisonnable, forte, irréprochable ou responsable. D’autres ont connu des périodes d’insécurité, d’imprévisibilité ou des blessures invisibles qui ont rendu la maîtrise nécessaire pour se sentir en sécurité.

Alors, peu à peu, tout devient affaire d’anticipation.

Prévoir.
Réfléchir.
Vérifier.
Porter.
Éviter les erreurs.
Ne pas déranger.
Ne pas perdre pied.

À l’extérieur, cela ressemble à de la force.

À l’intérieur, cela peut parfois ressembler à une fatigue immense.

Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans certaines de ces expériences

Vous avez du mal à déléguer, même lorsque vous êtes épuisé(e).

Vous ressentez le besoin que tout soit sous contrôle pour parvenir à vous apaiser.

Vous pensez constamment à ce qu’il reste à faire.

Vous avez du mal à lâcher prise, même pendant les moments censés être agréables.

Vous avez l’impression d’être responsable de beaucoup de choses, parfois même du bien-être des autres.

Vous réfléchissez beaucoup avant de parler, avant de choisir, avant de vous autoriser à ressentir.

Vous avez du mal à demander de l’aide.

Vous pouvez être très exigeant(e) avec vous-même.

Et derrière cette maîtrise, il existe parfois une peur plus discrète : celle d’être débordé(e), de perdre pied, ou de découvrir ce qui pourrait émerger si vous cessiez enfin de tenir.

Il arrive que l'on contrôle aussi ses émotions

Certaines personnes contrôlent leur quotidien.

D’autres contrôlent surtout ce qu’elles ressentent.

Elles minimisent.
Elles relativisent.
Elles gardent pour plus tard.
Elles restent fonctionnelles.

Tout semble aller bien.

Pourtant, les émotions ne disparaissent pas parce qu’on les met de côté.

Elles attendent.

Elles reviennent parfois sous forme de fatigue, d’anxiété, d’irritabilité, de tensions corporelles ou de cette impression étrange d’être toujours présent(e) pour tout le monde, sauf pour soi-même.

Vous n'avez peut-être pas besoin d'apprendre à lâcher prise

Vous avez peut-être besoin de ne plus vous sentir seul(e) à tout porter.

On dit souvent qu’il faudrait apprendre à lâcher prise.

Mais lorsqu’une personne a construit sa sécurité autour du contrôle, lui demander de lâcher est parfois vécu comme une menace.

Il ne s’agit pas d’abandonner ce qui vous a permis de traverser la vie.

Il s’agit plutôt de comprendre ce qui rend cette vigilance si indispensable, et de retrouver peu à peu davantage de souplesse intérieure.

Sans violence.

Sans injonction.

Sans avoir à devenir quelqu’un d’autre.

En profondeur.

Je ne cherche pas à vous apprendre des techniques pour être plus performant(e) ou à vous convaincre de laisser tomber vos défenses.

Je m’intéresse d’abord à ce qui, en vous, a rendu cette maîtrise nécessaire.

Mon travail d’art-thérapeute et de psychanalyste s’adresse aux personnes qui ont souvent beaucoup compris, beaucoup porté, beaucoup réfléchi, mais qui sentent que quelque chose continue à rester sous tension.

Parce que derrière le besoin de contrôle, il existe parfois une histoire, des émotions restées sans place, ou des parties de soi qui n’ont jamais vraiment pu être entendues.

L’objectif n’est pas de vous enlever ce qui vous protège.

Il est de vous permettre de déposer autrement ce que vous pensez devoir encore porter.

Il n'est pas nécessaire d'attendre d'être au bout de vos forces

Beaucoup de personnes qui viennent me rencontrer ne se sentent pas « malades ».

Elles continuent à travailler, à s’occuper des autres, à gérer leur quotidien.

Mais elles sentent que quelque chose leur demande depuis longtemps plus d’espace, plus de vérité ou plus de douceur.

Si ces mots résonnent profondément en vous, il n’est peut-être pas nécessaire d’attendre que tout s’effondre pour commencer à écouter ce qui cherche à être entendu.

FAQ

Pourquoi ai-je besoin de tout contrôler ?

Parce que le contrôle est souvent une manière de maintenir un sentiment de sécurité. Il peut devenir indispensable lorsque l'on a appris très tôt à être responsable, à anticiper ou à ne pas déranger.

Pourquoi est-ce si difficile de lâcher prise ?

Parce qu'on ne lâche pas simplement une habitude. On touche parfois à ce qui nous a permis de nous sentir en sécurité pendant des années. Le changement ne passe pas par la contrainte, mais par la compréhension et la possibilité d'être accompagné(e).

Le besoin de contrôle est-il lié à l'anxiété ?

Très souvent, oui. Le contrôle peut être une réponse à une anxiété profonde ou à la peur d'être débordé(e). Il constitue une stratégie de protection qui mérite d'être comprise plutôt que combattue.

Avec le temps, j’ai développé une attention particulière pour ces personnes qui donnent le sentiment de toujours maîtriser les choses. Elles arrivent souvent avec des mots très mesurés, des raisonnements précis, une apparente solidité. Pourtant, ce qui importe le plus n’est pas cette maîtrise. C’est ce qu’elle protège. Derrière elle, je rencontre presque toujours une humanité d’une grande finesse, qui attend moins qu’on lui apprenne à lâcher prise qu’un espace où elle n’aura plus besoin de se défendre contre ce qui pourrait surgir.